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France: Pour sauver la femme, bannissons «Mademoiselle»?

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mademoiselle
Pour libérer les femmes de l'humiliation suprême que constitue, selon elles, le mot «Mademoiselle», les «Chiennes de garde» et les membres d'«Osez le féminisme !» lancent une nouvelle campagne intitulée «Madame ou Madame». Consternant.

Déçues que les débats suscités par l'affaire DSK se soient si vite essoufflés, les « Chiennes de garde » et les membres d' « Osez le féminisme ! » se sont mises en quête de nouvelles occasions d'attirer l'attention sur leur (noble) cause féministe.

Il y a eu tout d'abord la campagne « Osez le clito ! » qui a consisté à marteler ce message énigmatique sans néanmoins expliquer comment l'on devait s'y prendre, au juste, pour exécuter l'injonction. Les résultats n'ont sans doute pas été à la hauteur, un nombre insuffisant d'hommes et de femmes ont osé le clitoris, et les féministes se sont remises au travail.

Dévouées à leur cause, elles ont dû chercher longtemps, et même y passer des nuits entières : enchaînant les cafés et les cigarettes, faisant tempêter leurs cerveaux jusqu'à la migraine, elles ont fini par trouver le souffre douleur idéal : le mot « mademoiselle ».

Mais c'est bien sûr ! Ce mot qui n'a pas d'équivalent masculin, « damoiseau » étant tombé en désuétude il y a des lustres, est bien « symbolique des inégalités » entre les femmes et les hommes ! Pire encore, selon Julie Muret, d'« Osez le féminisme ! », il « oblige la femme à exposer une situation personnelle et familiale ».

Forcées d'admettre qu'elles ne sont pas mariées, les milliers de femmes qui cochent chaque jour la case « mademoiselle » sur les formulaires administratifs sont humiliées, démasquées de la terrible infirmité qui les a empêché jusqu'ici de trouver un mari (incompétence culinaire, haleine chargée), cet accessoire providentiel qui les auraient autorisées à cocher la case « madame ». Plus facile à faire que « d'oser le clito », la solution à cette « civilité intrusive et condescendante » (sic) consiste à débarrasser définitivement notre vocabulaire de cette horrible verrue sexiste.

Passée la première réaction au cours de laquelle on se demande s'il s'agit d'une plaisanterie, la seconde se manifeste par un état de perplexité avancée. Car voilà, on n'avait jamais pensé à se sentir dégradée par ce vocable. En témoigne, par exemple, le nombre de blogueuses qui l'ont choisi comme pseudonyme.

Sur le site de l'opération intitulée « Madame ou Madame », on apprend qu'au Canada, « l'appellation « mademoiselle » est même devenue une insulte ! ». Au Canada, on dit aussi « ma blonde » pour dire « ma compagne », « bœufs » pour « policiers », « magasiner » pour « faire des achats », bref, on parle différemment, mais peu importe.

On lit aussi sur le site qu' « il est bien plus poli d'appeler une femme madame » : voilà une sentence qui nie le drame que vivent toutes les femmes quand on les appelle « madame » pour la première fois de leur vie. En un mot comme en cent : ça fait un choc. On sort de la boulangerie la tête basse, en regrettant déjà le temps du « mademoiselle », qui reflétait un monde où tout était encore possible.

Moins cruels que la boulangère, les hommes optent souvent pour le « mademoiselle » : non pour insinuer à leur interlocutrice qu'elle finira vieille fille mangée par ses chats, mais pour se montrer agréables, tout simplement. Un ressortissant de la gent masculine, le journaliste et blogueur David Abiker, s'interroge à raison : « Il faudra tout de même qu'on me montre les nombreuses victimes oculaires, celles qui on versé une larme en lisant le mot, en cochant la case, celles qui par légions, sont rentrées chez elles bafouées ».

D'autant plus que la femme est libre de corriger celui qui l'accable par cette formule archaïsante. Si elle le souhaite, elle peut même le faire gentiment, sans l'accuser au passage d'avoir voulu la mettre dans son lit en sous-entendant son célibat.

De même qu'elle peut, si « madame » lui sied mieux, décider de snober la case « mademoiselle », sans que son geste rebelle ne porte à conséquence. Car on apprend, toujours sur le site « madameoumadame.fr », que ces dénominations n'ont rien d'obligatoire, ni aucune valeur légale ! Ça laisse pantois.

Pourquoi s'acharner à mener cette lutte pour l'appauvrissement de la langue ? Il va falloir refaire du café et retourner en salle de « brainstorming », car hélas, la campagne « mademoiselle » n'a pas relevé le niveau du clito.

© Marianne2.fr



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Femmesdz News

Mise à jour le Vendredi, 30 Septembre 2011 22:13

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