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BPCO : C’est bien pire chez les femmes

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BPCO

Six femmes pneumologues lancent un cri d’alarme aux autres femmes sur les conséquences pour elles de la broncho-pneumopathie obstructive chronique, ou BPCO, maladie respiratoire insidieuse, sous-diagnostiquée.

Montrer que la BPCO a une évolution plus dramatique chez la femme, c’est dire qu’une étude ciblée est nécessaire pour réclamer l’attention des femmes, des médecins traitants et des pneumologues hommes.

Le Comité national contre les maladies respiratoires a lancé sa campagne 2010-2011, qui portera la saine parole dans les villes de France. Ce collectif de pneumologues a décidé de réveiller la sensibilisation des Françaises et du corps médical à la BPCO. C’est une maladie destructrice de la fonction respiratoire irréversible si prise trop tard –c’est encore trop fréquent. Pourquoi ? Plus de femmes qui n’ont pas arrêté de fumer : Méconnaissance de sa malignité, banalisation d’un essoufflement permanent progressivement croissant même sans effort (dyspnée), préoccupation insuffisante envers les gros fumeurs…

Dans la population des fumeurs, il y a des femmes, de plus en plus de femmes, il y a même plus de femmes qui n’ont pas arrêté de fumer que d’hommes qui ont fait la démarche inverse… En conséquence compte tenu des carences du dépistage précoce – il est possible, contrairement aux idées reçues -, compte tenu de l’augmentation exponentielle du tabagisme féminin dès l’adolescence, compte tenu aussi que les femmes sont plus sensibles que les hommes aux effets délétères du tabac, 40 % des malades de la BPCO sont des femmes (en 2005), et leur mortalité par BPCO a augmenté de 78 % contre 21 % en 20 ans (1979-1999). Comme pour le diabète ou l’HTA, le sujet BPCO s’ignore : deux sur tris ne se sauraient pas atteints.

Ou ne s’en soucieraient pas, bien qu’étant gros fumeurs, s’essoufflant de plus en plus, toussant et expectorant toute l’année jour et nuit, perdant progressivement leur capacité d’effort avec la perte de leur capacité respiratoire. Au bout de la route, il y a l‘assistance respiratoire périodique puis permanente, la greffe pulmonaire (mais les greffons sont rares), le décès souvent par défaillance cardiaque… Ce sera d’ici 10 ans la 3e cause de décès dans le monde (la 6e en 1990).

La BPCO progresse plus vite chez la femme que chez l’homme, notamment en rapport avec l’augmentation du tabagisme, mais aussi de la plus grande vulnérabilité du poumon féminin aux toxiques en général : fumée de tabac inhalée, mais aussi polluants de l’environnement et du travail, avec constat d’une forme plus sévère à tabagisme égal avec l’homme.

La faute à des bronches plus petites, plus sensibles, plus réactives (hyperréactivité bronchique)… La progression de la prévalence de la BPCO a comme autres causes les diagnostics tardifs par rapport à l’évolution. Des démarches simples en médecine générale : mesure du souffle avec l’appareil appelé débitmètre de pointe (peakflow meter), prescription d’exploration fonctionnelle respiratoire (EFR) des fumeuses, surtout s’il y a dyspnée de repos, toux permanente, expectorations, gêne respiratoire croissante (maladie obstructive), évaluation (épreuve d’effort) du handicap dans l’activité courante… permettraient, si engagées beaucoup plus tôt, de faire régresser l’évolution… A condition d’arrêt du tabagisme actif ET passif et de la suppression des polluants/allergènes co-impliqués, soutien psychologique au sevrage tabagique, sans obsession de la prise de poids : mieux vaut des kilos en trop que deux poumons en moins…

Les 6 pneumologues ont prévu une session spécifique au Congrès de la Société de pneumologie de langue française (SPLF), un article spécifique dans la Revue des Maladies Respiratoires, des sessions de formation médicale spécifique, vont entreprendre une enquête spécifique, et ont formé un groupe spécifique : Femmes et BPCO… même si elle n’est pas spécifique de la femme. Or elle conserve dans l’opinion générale un phénotype masculin. Cause de sous-diagnostics ?

© Auteur : Jean-Marie Manus, Santé log, le 20 janvier 2010 Eléments présentés pas les Prs Chantal Raherison (Hôpital Haut-Lévêque, Pessac) et Isabelle Tillie-Leblond (Hôpital Calmette, Lille) ; Drs Anne Prudhomme (CH de Bigorre, Tarbes), Elisabeth Biron ((Hôpital privé Mermoz, Lyon), Cécilia Nocent-Ejnaini (CH Côte Basque, Bayonne), Camlille Taillé (CHU Bichat, Paris).

 



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Femmesdz News

Mise à jour le Mardi, 15 Mars 2011 13:52

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