Contrairement à certaines idées reçues, ce recul de l'âge de la maternité ne va pas de pair avec une baisse de la fécondité. Comme le souligne Gilles Pison, l'auteur de l'étude: «Les deux phénomènes sont disjoints. La véritable opposition s'observe entre les pays où la basse fécondité initiale est compensée après 30 ans et ceux où cette récupération ne se fait pas.» La France fait clairement partie de la première catégorie puisque le taux de fécondité en 2009 était de 1,98 enfant par femme (soit 790.000 naissances).
C'est un très bon score par rapport à ses voisins européens puisque seule l'Irlande, au sein de l'Union européenne, fait mieux avec 2,10 enfants par femme. Sur ce point, un fossé sépare les pays du nord et de l'ouest de l'Europe, où la fécondité est élevée, et ceux du sud et du centre où elle est nettement inférieure à 1,6 enfant. Le calendrier de la fécondité en Europe est en revanche beaucoup plus contrasté géographiquement.
Les pays nordiques (les Pays-Bas ont la fécondité la plus tardive à 31,1 ans) et les pays méditerranéens ont en commun une fécondité tardive, bien que leurs cultures et leurs modes de vie soient différents, alors que les pays du centre et de l'est de l'Europe se caractérisent par un âge moyen à la maternité plutôt précoce.
Mais les naissances tardives ne sont pas une nouveauté, en France tout au moins. Au début du siècle dernier, il n'était pas rare d'avoir des enfants à un âge avancé du fait de familles nombreuses. Ainsi, « si l'on compare le profil de la fécondité par âge en 1909 et en 2009, il est globalement comparable après 30 ans, mais correspond évidemment à des types de familles différents», note Gilles Pison. Les familles de plus de 4 enfants sont effectivement plutôt rares en 2009 (1 femme sur 10 est dans ce cas). Et aujourd'hui la plupart des enfants naissant d'une mère de plus de 30 ans sont souvent des premiers-nés.
Le retard des maternités ne pourra toutefois pas se prolonger indéfiniment et il est peut probable selon les experts que l'âge moyen à la maternité augmente jusqu'à 35 ou 40 ans. Les raisons sont essentiellement biologiques et ce malgré les progrès croissant de l'aide médicale à la procréation qui s'est beaucoup développée ces dernières années. Avoir des enfants après 40 ans reste une exception pour une femme: seul 4% des naissances en France en 2009 entraient dans ce cas de figure.



